InterLGBT


Dans une lettre du 12 Décembre 2012 adressée aux chefs d’établissement des 8300 écoles, collèges et lycées dont il a la charge, le Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique appelle à des « initiatives (…) pour permettre à chacun l’exercice d’une liberté éclairée à l’égard des choix aujourd’hui envisagés par les pouvoirs publics » dans le cadre du projet de loi sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe.

Dans un communiqué adressé à la presse le 13 Décembre 2012, il indique que « l’Enseignement Catholique est en désaccord avec une évolution législative ouvrant le mariage et la parentalité aux couples homosexuels ». Et souligne – de façon mensongère - que « l’Enseignement Catholique partage (ainsi) le point de vue du plus grand nombre des professionnels de l’enfance », considérant que « la construction de l’identité et de la personnalité de chaque enfant (…), la reconnaissance de la différence sexuelle et le droit d’accéder à ses origines et à sa propre histoire sont tout à fait essentiels. »

L'Enseignement Catholique, sous couvert de "débat", veut mobiliser contre l'égalité des droits

L’Enseignement catholique appelle ainsi ses chefs d’établissements et ses enseignants « à débattre » et « faire débattre » d’un sujet sur lequel il donne – en guise d’introduction – ses conclusions définitives. Loin du débat hypocritement prôné dans cette lettre, il s’agit bien pour l’Enseignement Catholique financé à hauteur de 7 milliards d'euros de fonds publics d’appeler à la mobilisation contre le projet de loi – à quelques jours de la manifestation anti-égalité organisée le 13 Janvier et soutenue entre autres par les leaders de l’UMP et du Front National.

L’Inter-LGBT s’insurge contre cette prise de position politique. Elle interpelle l'ensemble de la communauté éducative et plus particulièrement le Ministre de l’Education Nationale sur les suites qu’il compte donner à ces initiatives qui portent gravement atteinte au principe de neutralité qui doit être de mise – dans l’enseignement privé et dans l’enseignement public.

L’Inter-LGBT s’inquiète par ailleurs de la stigmatisation dont pourraient être victimes les jeunes adultes découvrant leur homosexualité, et les enfants vivant dans des familles homoparentales scolarisés dans ces établissements. Est-il encore utile de rappeler que les jeunes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) ont 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les autres adolescents ?

L'Inter-LGBT rappelle, enfin, que le débat a bel et bien lieu, notamment à travers les nombreuses auditions menées depuis des mois. Les autorités religieuses comme le Secrétaire de l'Enseignement Catholique ont manifestement décidé de le nier tout comme ils nient l'existence des familles homoparentales, des couples de même sexe et de leurs enfants.