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Lesbian & Gay Pride 2010 de Marseille : un échec pour la cohésion, une réussite pour les égos

Depuis le départ cette "nouvelle" édition sentait comme Marseille pendant les grèves de ramassage des ordures, deux associations en concurrence face à une CIF (Coordination Interpride France) de plus en plus contestée, l'édition 2010 aura été un échec cuisant pour ce qui devait être un renouveau pour la communauté LGBT de Marseille.

D'un côté, de la même manière que l'association Aglaë06 à Nice avec la PinkParade qui ne fait pas partie de la CIF, l'association Fiertés de Provence a tenté l'indépendance face à la marque déposée Lesbian & Gay Pride et a réuni près de 900 personnes (500 selon la police) le 3 juillet 2010. De plus en plus d'associations organisatrices, Paris et Lyon par exemple, préfère désormais l'utilisation de l'appellation Marche des Fiertés LGBT, ce qui fut le cas pour cette première marche marseillaise.

De l'autre coté l'association Tous&Go avec un nom qui, dès le départ, laissait à désirer avec un jeu de mot "égo" et "égaux", plus nuisible qu'autre chose, et une équipe plus commerçante qu'associative, exception marseillaise qui ne présageait rien de bon. De la à se servir de l'événement pour servir ses intérêts il n'y a qu'un pas, on retrouve donc, naturellement, le vendredi et le dimanche entourant la Lesbian & Gay Pride deux événements partenaires dans un des établissements du président ...

La cohésion a, semble-t-il, été vite oublié pas moins de 3 soirées concurrentes à la soirée "officielle" ont eu lieu ce samedi (Yacht, Duplex, NewCancan) sans parler des autres commerçants et associations qui se sont désolidarisés de Tous&Go.

La CIF avait pourtant, dès le début, fait remarqué le manque de démocratie de Tous&Go, mais, sans se soucier des suites, a donné quand même l'autorisation d'utiliser la marque à "l'association". Marque déposée, difficile de pas s'en apercevoir, alors que les autres Lesbian & Gay Pride sont vues comme des manifestions (ce qu'elles sont), celle-ci se retrouve couverte de "copyright" à profusion (par exemple sur les événements Facebook, les affiches, les flyers à contrario de l'ensemble des autres LGP).

Vive les copyrights

Dans le cas de PinkPhénix, cette année et pour la première fois depuis 5 ans, on nous a refusé l'accréditation au dernier moment, sans doute doit-on considérer que c'est du fait de la publication de la lettre de Patrick Mennucci demandant l'annulation d'une soirée au Caffè Noir le samedi précédent, jour de la marche concurrente (si même la politique s'en mêle, où va-t-on ?). La mairie du 1er secteur avait, comme par hasard, un char cette année.

L'édition 2010 aura été un copier/coller raté des éditions précédentes : 10000 participants (3000 selon la police), 4 chars (Tous&Go, Mairie du 1er secteur, The NewCancan, Spartacus) , 6 camionnettes (CFDT, AIDES, HES-PS-MJS, Bouillon Marseillais, Insomnia), même parcours, même soirée (sans l'ambiance) et les améliorations tant attendues à la poubelle, une version « hard discount » en fait pour rester dans la veine commerciale, mais pas les tarifs de l'apéro et de l'entrée de soirée (25 euros). Pour couronner le tout, un after « exceptionnel » à 6h au XY Club pour 10 euros, mais qui s'est terminé à 9 heures sans prévenir les clients en prétextant « on a pas marqué l'heure de fin » ...

Voilà comment ça se passe à Marseille : 10 établissements à tout casser et pas de cohésion ... Triste temps pour notre communauté, espérons que ces pratiques cessent et que les prochains organisateurs retrouvent le vrai sens de cette manifestation et prennent exemple sur les associations LGP des autres villes qui, elles, travaillent toute l'année pour défendre nos droits !

Définition de Lesbian & Gay Pride
Définition de égo