AIDES


En 2010, le VIH est toujours là, bien présent au sein de la communauté gay. AIDES investit la Marche des fiertés de Paris, cet évènement incontournable et festif de la communauté Lesbiennes, Gays, Bis et Trans (LGBT) pour sortir le VIH du silence !




Bonjour à tous et toutes,

Cette année, au nom de l’association AIDES, je suis porteur de deux nouvelles : l’une bonne et l’autre mauvaise. Si vous le permettez, je commencerais par la mauvaise.

Il ne vous aura pas échappé que le VIH/sida touche encore et toujours nos communautés, nos amants, nos amis... nous-mêmes. En 2010, il n’y a jamais eu autant de personnes séropositives en France. Et les contaminations se maintiennent à un niveau élevé. Pour nous, acteurs de la lutte contre le sida au quotidien, personnes séroconcernées, cette situation n’est pas un scoop. Les communautés gaies, les communautés trans, sont historiquement parmi les plus touchées. Et l’on n’enraye pas une épidémie d’un coup de baguette magique. Face à cette situation, il est tentant pour certains, de condamner, de mettre à l’indexe les personnes séropositives. On les accuse trop facilement d’être responsables de la propagation du virus. Pour notre part, nous considérons qu’une autre stratégie est possible et nécessaire. Une stratégie inscrite au patrimoine commun des luttes de nos communautés pour leurs droits et leur santé : la solidarité. Une solidarité concrète et active, qui implique de lutter, sans concession contre les discriminations qui nous frappent, en tant que séropositifs. Le rejet et l’exclusion, nous sommes bien placé pour le savoir en tant personnes LGBT, sont des menaces pour la diversité et pour notre épanouissement. Ils n’ont pas leur place au sein de nos communautés !

Je vous le disais, je suis également porteur d’une bonne nouvelle. En 2010, il n’y a sans doute jamais eu autant de moyen de se protéger de la transmission du VIH. Pas question ici de vous faire la liste des dernières enquêtes et des travaux sur sujet. Les données accumulées démontrent à quel point les outils de prévention à notre disposition sont aujourd’hui multiples et pertinents. Cette perspective nous donne d’autant plus d’énergie pour continuer, au quotidien, à mener des actions de prévention. Pour continuer à faciliter l’accès au dépistage, en particulier le dépistage à résultat rapide expérimenté depuis plus d’un an par AIDES et menée par nos militants. Pour continuer aussi, à soutenir les personnes dans l’observance de leurs traitements. L’approche globale de la prévention permet d’envisager ensemble : la capote, le dépistage et les traitements du VIH comme outil de prévention. Des outils complémentaires. Leur combinaison augmente la protection de tous et toutes. Je le redis, c’est une excellente nouvelle. Il dépend de nous, de nous approprier ces outils mais aussi et avant tout de la volonté politique, des pouvoirs publics de les mettre à notre disposition.

Deux nouvelles donc, l’une mauvaise, l’autre bonne. Mais aussi deux convictions qui nourrissent notre rage et nos combats. D’abord : continuer à faire rimer solidarité avec mobilisation. C’est la condition nécessaire pour faire tomber les discriminations. Et enfin : séropos, séronegs, personnes séroconcernés : prenons soin de nous, collectivement, car personne ne le fera à notre place.