Résumé : Le risque qu’une jurisprudence pénaliserait la transmission sexuelle du VIH est trop important. Il faut alerter sur les conséquences qu’aurait cette pénalisation.
 
Déjà en 2002, l’association de lutte contre le sida, Act-up lançait le débat pour une non-pénalisation de la transmission sexuelle du VIH, en appelant les autres associations à la suivre dans cette voix là, et en alertant au sujet des cas de plaintes qui se multipliaient. Cette année, bien que le Président de la République, Nicolas Sarkozy, précisait, dans le discours qui aurait dû être prononcé lors de la Conférence Mondiale de lutte contre le Sida à Mexico, qu’il n’était pas question que la France adopte une loi spécifique sur la transmission sexuelle du VIH, la pénalisation de transmission sexuelle du VIH n’est pas enterrée. Ainsi, les plaintes aujourd’hui s’orientent principalement sur la transmission de substance nuisible.
 
Dès l’appel d’Act-up le 5 Février dernier, pour une Assemblée Générale contre la pénalisation de la transmission sexuelle du VIH, Begay Infos Cultures et Actions LGBTQ a pris la parole et s’oppose également à ces décisions pénales. Cependant, « avoir un débat sur cette question est une preuve de l’échec de la prévention. Les autorités n’ont pas mis suffisamment de moyens en place pour prévenir efficacement contre ce virus, à tel point que l’idée qu’un vaccin ou un médicament existe contre le sida, est très répandue. Il faut donc radicalement remettre l’accent sur des messages forts en prévention. Et Begay, Infos Cultures et Actions LGBTQ s’engage en ce sens », déclare l’association par la voix de son Président.
 
Même si AIDES reconnaît la nécessité de condamner des transmissions dont la volonté de nuisance est prouvée, la dérive du « il savait qu’il était séropositif, il ne l’a pas dit », pourrait être considérée comme une preuve à charge. Pourtant, cela met en lumière le fait qu’en France, les conditions ne sont absolument pas réunies pour aider les séropositifs à parler de leur statut sérologique. De plus, cela n’aurait aucun sens puisque lors de la majorité des contaminations, ce statut n’est pas connu, car récemment infecté et donc non dépisté.
 
Act-up, AIDES, et les associations membre de l’Inter-LGBT – dont fait partie Begay Infos Cultures et Actions LGBTQ – ont donc redébattu de cette question le 23 mai dernier. Ainsi, Begay s’engage dans la même voie qu’Act-up en médiatisant cette question, et en alertant sur les conséquences qu’aurait cette pénalisation : Stigmatisation des personnes séropositives en créant un statut de « méchant » ; chute radicale du taux de dépistage, emprisonnement de personnes séropositives dans des conditions non favorables à leur prise en charge médicale…
 
Les revendications de Begay, Infos Cultures et Actions LGBTQ sont claires et partagées par d’autres associations :
- Engagement clair des autorités contre cette pénalisation
- Lancement d’une nouvelle campagne majeure pour prévenir des risques du VIH
- Lancement d’une campagne à très grande échelle pour rappeler la nécessité du préservatif
- Création d’une cellule pour former les personnels de Justice qui feront la jurisprudence de demain sur ces questions, et sur toute question touchant la séropositivité au VIH.
- Adoption d’une loi s’engageant à ne plus mettre de séropositifs en prison.
 
Communiqué BeGay